mardi 23 août 2011

Bios - Robert Charles Winson

Editeur : Folio SF
Pages :308
Prix : 8,90€

Situé à quelques années-lumière de la Terre, Isis est un monde verdoyant à l'écosystème complexe. Un monde classé zone de biomenace de niveau 4. La moindre molécule de son biotope est capable de tuer un être humain au terme d'une terrifiante agonie. Et pourtant, Isis constitue la découverte la plus prometteuse de ce XXIIe siècle : berceau d'une vie fondamentalement différente, elle pourrait en miroir éclairer notre propre nature. Zoé Fisher a été conçue pour explorer Isis. Son organisme a été génétiquement optimisé pour s'adapter à l'environnement inhospitalier de cette planète ; sa personnalité patiemment construite autour de cette seule mission. Quels dangers imprévus Zoé affrontera-t-elle sur cette planète grandiose et meurtrière ? Devra-tille sacrifier son humanité pour en découvrir tous les secrets ? Dans la lignée de Solaris, de Stanislas Lem, BIOS nous invite à l'exploration vertigineuse d'un monde radicalement autre.

Voilà un livre bien étrange de Robert Charles Wilson. Je dis étrange non pas à cause de l'histoire dans laquelle on retrouve certains thèmes wilsoniens, l'idée d'une "entité" extra-terrestre omnisciente et omniprésente par exemple, mais à cause du traitement aux antipodes de ce à quoi l'auteur m'avait habitué. Lui qui est connu pour une science fiction "légère" laissant une place importante à l'humain est ici dans un registre différent puisque son personnage principal n'est autre qu'une planète. Tous les protagonistes humains de cette histoire, et ils sont nombreux, sont traités de façon très distante et froide. Aucun ne se détache réellement. Aucun ne parvient à gagner la sympathie du lecteur. Même Zoe Fisher qui est pourtant le personnage central de ce drame à l'échelle planétaire est froide comme un glaçon. Clone conçu en laboratoire, elle a eu une enfance difficile. Baladée d’orphelinats en laboratoires, elle a été façonnée depuis sa naissance par des multinationales pour en faire le personnage qu'elle est devenue, un être inapte aux relations humaines, programmée pour affronter l'environnement particulièrement hostile d'Isis. Et Isis n'est pas seulement hostile par son écosystème mortel, elle est également au cœur d'un imbroglio où se confrontent ambitions personnelles et intérêts politiques.

Il y a pas mal de bonnes idées dans ce livre, comme cette société humaine dirigée par de puissants conglomérats contrôlés par des "familles". J'ai beaucoup aimé également l'atmosphère étouffante et inquiétante. Les humains sont cloisonnés dans leur station spatiale, assiégés par un ennemi invisible et impitoyable. On nage en pleine paranoïa, d'autant plus que les motivations de chacun ne sont pas toujours claires. Tout cela n'est pas très original mais c'est bien traité. Mais malgré cela, je dois avouer que j'ai eu beaucoup de mal avec ce court de roman. Le traitement des personnages est froid, aucun ne m'a réellement touché. Le rythme est lent, il fait la part belle aux voix intérieures des différents protagonistes. J'ai en plus eu la désagréable impression durant toute la lecture que Wilson n'arrivait pas à choisir entre polar, planet opéra et hard sf. Il en résulte un livre qui se lis mais qui est un peu bancal. Et pour couronner le tout, le dénouement final est assez convenu et sans surprises. Bref, ca n'est clairement pas le meilleur livre de Wilson. C'est largement mieux que Darwinia mais très en dessous de Spin.

CITRIQ

il en parle également : efelle

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2 commentaires:

Shanaa a dit…

Typiquement le genre de chroniques qui me donne envie de lire de la SF !

Julien le Naufragé a dit…

Suis d'accord avec toi, Wilson aurait du choisir son camp, faire un polar ou un planet opera hard sf mais pas les deux, il se noie et se perd en eaux troubles. Dommages il avait pêché de bonnes idées pourtant... Je viens juste de le lire.

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