vendredi 1 avril 2011

L'agence


Sommes-nous maîtres de notre destin ? Ou sommes-nous manipulés par des forces invisibles ? David Norris entrevoit l'avenir que le Sort lui réserve et se rend compte qu'il aspire à une autre vie que celle qui lui a été tracée. Pour y parvenir, il va devoir poursuivre la femme, dont il est tombé follement amoureux, à travers les rues de New York et ses réseaux souterrains...

Philip K. Dick est l'un des auteurs de science fiction les plus important. C'est également l'un des plus adapté au cinéma. Mais force est de constater que mis à part Blade Runner et dans une moindre mesure Total Recall et Minority Report, les films tirés de ses œuvres ne lui rendent pas vraiment justice. L'agence, dernière adaptation en date d'une nouvelle du maître, ne relèvera malheureusement pas le niveau. David Norris (Matt Damon), jeune politicien, se rend compte un jour par erreur que sa vie et celle de tous les êtres humains est régie par des individus, membres du bureau d'ajustement, qui veillent à ce que celle ci se déroule selon un plan fixé par un mystérieux patron. David va se rebeller et tenter de regagner son libre arbitre lorsqu'il va se rendre compte que ce plan lui interdit de vivre avec la femme qu'il aime.


Le bureau d'ajustement étant l'exemple typique de l'administration déshumanisée et ses membres en étant les parfaits petit soldats travaillant aveuglément et sans relâche à l'application d'un plan qu'ils ne comprennent pas, il y avait moyen de faire là un film lorgnant sur un Brazil avec Matt Damon dans le rôle de la mouche. George Nolfi, qui signe là sa première réalisation, devait en être conscient car à quelques reprises il oriente son film dans cette direction ne faisant malheureusement qu'effleurer cette piste pour retourner prestement vers les problèmes sentimentaux de son personnage principal qui face à toutes ces mésaventures reste d'un stoïcisme et d'un sang froid remarquable. Et pourtant on serait en droit de penser que n'importe qui de normalement constitué aurait de quoi devenir complètement paranoïaque devant une telle situation. Malheureusement, Nolfi préfère encore une fois botter en touche et revenir au sujet qui lui semble le plus important : l'avenir sentimental de nos deux amoureux. Alors certes, l'amour c'est beau, c'est important, c'est tout ce qu'on veux, mais ne retenir que cela de Philip K. Dick... Il y a là comme quelque chose que je n'arrive pas à m'expliquer...


Amateurs de science fiction soyez prévenus. N'espérez pas trouver dans ce film de quoi satisfaire votre insatiable appétit d’imaginaire. De l'imagination, ce film en manque cruellement. Il n'est qu'une romance vaguement intéressante, pas très originale, entrecoupée de scènes de courses poursuites même pas haletantes. Dans le genre, c'est mieux foutu que "Nuits Blanches à Seattle" ou "Vous avez un message" mais largement moins bien que "Coup de foudre à Notting Hill". Emily Blunt est toute mimi. Matt Damon n'a pas un cheveu qui n'est pas à sa place. Ils forment un couple parfait mais on en a franchement rien à carrer. Je n'ai rien contre les histoires d'amour à l'eau de rose. Je peux même aimer ça à petite dose quand c'est bien fait. Mais comme argument SF on a vu mieux.


L'agence est donc une adaptation poussive et bien trop sage de Philip K. Dick qui ne fait qu'effleurer son sujet pour se concentrer sur une amourette mollassonne. C'est un film grand public, dans le mauvais sens du terme, qui cherche plus à ne pas déplaire plutôt qu'à plaire. Peine perdue, car que ce soit sur le plan de l'action que sur celui de la romance, les amateurs trouveront mieux en ce moment dans les deux domaines.

1 commentaires:

Val a dit…

Un début sympa mais.......qu'est-ce que j'ai pu m'ennuyer quand même !

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