mercredi 12 janvier 2011

Le Club des Policiers Yiddish - Michael Chabon

Auteur : Michael Chabon
Editeur : 10/18
Pages : 534
Prix : 8,90€

Drôle de temps pour être juif. Drôle de temps pour être flic. Ça tombe mal pour Meyer Landsman ! A Sitka en Alaska, devenu la patrie glaciale et désolée des Juifs, il est l'inspecteur le plus décoré de la police yiddish. Chargé de faire régner la paix dans cette communauté encline aux mystères, l'homme a pourtant sombré dans l'alcool, ruinant son mariage au passage. Exilé à l'hôtel, il découvre un matin le corps d'un junkie assassiné dans le hall. Mais pourquoi ces pressions pour abandonner l'enquête ? Landsman s'obstine : ce mort lui plaît et il refuse de laisser son assassinat impuni... Dans ce monde où religieux et criminels ont échangé leurs compétences, jamais la Terre promise ne lui aura paru plus lointaine...

Cette chronique sera courte pour ce roman de Michael Chabon, vainqueur du prix Nebula 2007 et des prix Hugo et Locus en 2008... Rien que ca !!! Courte car je ne l’ai pas terminé. J’ai lamentablement jeté l’éponge à l’entame de la page 184. De ce que j’en ai compris, les juifs se sont fait jeter d’Israël par les arabes en 1948 et on trouvé refuge dans un petit bout d’Alaska qui leur a été cédé pour une période de 60 ans. Période au bout de laquelle ce petit bout d’Alaska redeviendra américain. L’histoire se passe en 2008 à deux mois de cette rétrocession et on suit un inspecteur de police, Meyer Landsman qui a tout du parfait raté. Alcoolique, divorcé, dépressif, il habite dans un hôtel minable et un soir le gérant vient le voir car un des clients a été tué d’une balle dans la tête. Va donc s’en suivre une enquête policière assez étrange dans cette communauté juive paranoïaque, sur fond de rétrocession et de parties d’échec.

Autant être clair, j’ai détesté. Je me suis quand même accroché 184 longues pages, espérant que le roman démarre enfin… Peine perdue ! A un moment, quand on en arrive à relire trois fois de suite un paragraphe sans arriver à comprendre de quoi ca cause, quand à la fin d’une phrase on a déjà oublié le commencement, il faut savoir dire stop. Je ne suis jamais rentré dans le bouquin. Il y a plein de termes yiddish mais finalement ca ne gêne pas tant que ca. Un lexique est présent à la fin du livre. Le problème serait plutôt que ce que veut raconter l’auteur ne m’intéresse pas un seul instant. Que veut-il raconter d’ailleurs ? Je suis à peut près convaincu que l’enquête policière n’est qu’un prétexte pour explorer cette société juive paranoïaque. Il parait que c’est bourré d’humour… Sans doute, mais j’avoue ne pas avoir les clés pour le comprendre. J’ai des fois eu un peu l’impression d’être un végétarien qui essaierait de lire un livre sur les 101 façons de cuisiner le bœuf.

Bon, sinon, histoire que ces 184 pages ne soient pas une complète perte de temps, est ce que quelqu’un qui a réussi à lire ce livre jusqu’au bout pourrait me dire si à un moment ou à un autre ca cause SF de prêt ou de loin… Parce que je m’interroge quand même. Comment ce livre a bien pu obtenir les trois prix les plus prestigieux de la littérature SF ? Non pas que je doute des qualités littéraires de ce livre, même si je ne les ai pas trouvé. Simplement, je me demande où est la SF dans tout ça… A moins bien sur que l’on considère l’uchronie comme un genre relevant obligatoirement de la science fiction…

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7 commentaires:

Guillaume44 a dit…

Hum disons que la question n'est pas si évidente. L'uchronie a déjà l'avantage d'être un genre inventé par un français au XIXème siècle (cocorico). Le genre se base sur une divergence historique, or si on prend la racine latine de "science" on obtient la vieille définition de "connaissance" qui justifie les appellations surprenantes comme "sciences littéraires". On a il est vrai tendance à trop vite assimiler sciences aux sciences et techniques. Dans ces conditions, l'histoire est une "science" car accumulant des connaissances. et l'uchronie étant une fiction historique placée dans un "non-temps", on peut évoquer une connaissance fictive ou "science fiction".

Note que c'est certainement mon commentaire le plus tortueux de ces deux dernières années.

Pitivier a dit…

Bravo, belle tentative, intéressante réflexion. Pas totalement convaincu car à ce compte, Dan Brown fait de la SF.

Guillmot a dit…

Tu penses à "Ange et Démon" avec la bombe à antimatière ? Oui thriller d'anticipation SF.

Guillmot a dit…

En fait la difficulté des étiquettes en littérature apparaît lorsqu'elles sont superposables voire confondues dans un roman "aux interfaces" ; ce n'est pas toujours aussi clair qu'un bon vieil Asimov ou Heinlein ^^

Julien le Naufragé a dit…

Déjà je n'aimais pas la couverture, mais ce que tu en dis ne donne pas envie d'aller plus loin Pourtant 10/18 est une chouette collection!

Pitivier a dit…

Elle est marrante cette couverture. J'ai toujours trouvé que le type avait un air de ressemblance avec Bono. J'arrive pas à me le sortir de l'esprit.

Bon sinon, le bouquin, c'est vraiment particulier. Je m'attendait à un roman à part mais pas à ce point là. Ca avance lentement. En fait chaque rencontre est sujette à de longs flash back ou des explications sur la religion juive. Et puis j'accroche pas avec le style. C'est assez distant. Pas très vivant. De ce que je vois des différents commentaires, on adore ou on déteste.

A.C. de Haenne a dit…

Oui, l'uchronie est de la SF. Ce roman est uchronique et passablement génial, donc il mérite ses prix (j'en étais resté au Hogo), beaucoup plus à mon avis que American Gods, de Gaiman.
Par contre, c'est vrai qu'ici l'uchronie n'est qu'un prétexte pour nous parler de la culture juive.
Et ce livre est merveilleusement bien écrit, mais je comprends tout à fait qu'on puisse passer à côté.

A.C.

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